De
l'atelier à la production
industrielle
Une entreprise moderne
Vers le marché international ou la fin de la belle
aventure
Située à égale distance d’Arras et d’Amiens, Mondicourt commune du Pas-de-Calais, est aujourd’hui renommée grâce son industrie du chocolat qui fit vivre toute la région de 1824 à 1977. A travers quatre générations, la chocolaterie a connu différentes étapes de développement, de l’atelier artisanal à la puissante unité de production.
De l’artisanat à la production industrielle Début de page

En 1824,
Christophe Ibled, jeune habitant, de Mondicourt met au point une recette
de chocolat. A cette époque, le chocolat, produit de luxe, était
importé d’Espagne.
Dans son atelier, sur les bords de la Kilienne, le jeune étudiant en
pharmacologie élabore de savants mélanges qui connaissent déjà une
certaine réussite à Arras et aux alentours. Le succès
dépasse bientôt les frontières puisque Christophe Ibled
développe une usine à Cologne qui hélas ne survivra pas
aux événements de 1870.

En 1878, Henry Ibled succède à son père à la tête de « l’atelier » qui peu à peu se modernise pour devenir une véritable usine équipée de machines performantes. Le chocolat se démocratise, la production de la chocolaterie Ibled ne cesse d’augmenter.
Une entreprise moderne Début de page

En 1905, Pierre Ibled
prend la direction de l’entreprise, durant cette
période de crise, la guerre n’interrompt pas la production qui
s’installe à Lisieux ; bien au contraire le chocolat remonte le
moral des troupes. Après la Seconde Guerre Mondiale, le chocolat devient
un produit de grande consommation.
Henry Ibled met en place une entreprise moderne basée sur une véritable
stratégie de communication ; ainsi en 1953, naît le personnage « petit
noir », dessiné par Rol, ainsi que la marque "Chocorêve".
La publicité se développe autour de la marque et la production
se diversifie : le chocolat à croquer, le chocolat en poudre, les flocons
d’avoine…
La marque Chocorêve entre dans toutes les maisons, les enfants collectionnent
les images et reçoivent les cadeaux de la marque : jeux de cartes, jouets,
tirelires globe terrestre, valises métaliques …
Vers le marché international ou la fin de la belle aventure Début de page
C’est dans cette phase d’expansion qu’en 1959 la chocolaterie
Ibled acquiert la chocolaterie Cardon de Cambrai. Cette fusion permet à l’industrie
Ibled d’accroître sa production et son aire d’influence.
A la fin du XXe siècle, la chocolaterie et sa marque à la renommée
nationale souhaite encore se développer au niveau international. Elle
fait appel à des investisseurs ; ainsi en 1974 la société anglaise
Rowntree-Mackintosh entre dans le conseil d’administration de la chocolaterie
et s’assure une participation majoritaire. Cette société anglaise
possédait déjà une unité de production à Cambrai,
la marque Menier à Noisiel (région parisienne) et la marque
Lanvin à Dijon, elle était donc omniprésente depuis quelques
années dans le domaine du chocolat.
L’ouverture de son capital au groupe anglais qui annonçait un succès international pour la chocolaterie ne se révéla pas bénéfique puisqu’en juillet 1979, après 150 ans d’une aventure qui a fait vivre des milliers de personnes, la chocolaterie Ibled ferme ses portes.
Cette fermeture à laquelle s’opposèrent tous les travailleurs de l’usine mais aussi les élus locaux de Mondicourt, s’est faite dans le cadre d’une restructuration de la société anglaise et a laissé une centaine d’ouvriers sans emplois et dans une situation précaire.